Sans écrans, c'est comment ?
Sans écrans, c'est comment ?
La semaine «Sans écrans, c’est comment ?» c'est fini!
Elle invitait l’ensemble de la population de Crans-Montana, Icogne et Lens, tous âges confondus, à vivre une expérience collective autour d’un usage plus raisonné du numérique. Cette initiative proposait un temps de pause, simple et accessible, pour expérimenter une diminution volontaire du temps passé devant les écrans et pour redécouvrir d’autres manières de partager ses moments récréatifs.
Plus de 500 participants sont venus découvrir les plus de 25 activités alternatives proposées. Au sein des écoles primaires notamment, grâce à l'engagement des directions et des enseignants, cette semaine a permis une vraie parenthèse pour les enfants et leurs parents.

Retrouvez toutes les vidéos faites par le magazine l'INFO - notamment celle intitulée : se déconnecter pour mieux se retrouver - sur le site.
Témoignages
Témoignage d'une enfant en 7H, 11 ans
Bonjour,
Merci pour l'organisation de cette semaine sans écran.
J'ai participé à :
- Atelier lors de la conférence à Martelles
Nous avons fait du coloriage, préparation des poissons d'avril et des jeux. Les animateurs étaient sympas.
- Chasse aux œufs à Randogne
C'était cool. Nous avons trouvé tous les œufs. Nous avons peints des boîtes à œufs. Trop bien !
- Après-midi jeux à Corin
Nous avons peint un pot de fleurs et planter des plantes. Nous avons bien joué.
Maman a apprécié son après-midi de Jass.
- Découverte des chevaux au manège de Montana
Nous avons brossé les chevaux et les poneys.
J'ai fait un parcours avec des poneys.
Je suis monté sur une franche montagne, cheval suisse.
- Jeux de piste à Lens
Nous avons bravé la tempête et la neige. Maman avait 3 couches d'habits de plus que moi ;-)
Super jeu ! J'ai réussi tous les niveaux.
- Jeux de société à Loc
Nous sommes allés un tout petit moment.
Sympa et il y a eu un goûter, miam, miam !
Merci aux sociétés et élèves qui ont organisé toutes ces activités.
Le début de la semaine a été difficile. Pas facile de faire jouer le jeu de sans écran à toute la famille.
Ensuite, j'ai su mieux m'occuper.
Nous avons fait une semaine avec moins d'écrans
A l'école
J'ai apprécié de ne pas avoir d'écran TBI car ils sont trop lumineux.
Je pense que ça serait mieux de faire 2 semaines sans écran comme ça on peux s' habituer.



Témoignage d'une maman
Au-delà de la semaine "Sans écrans", c'est plus un questionnement qui m'est resté. Pourquoi je prends mon téléphone pour passer ces 10 minutes de "vide"? Pourquoi je reste sur les réseaux sociaux alors qu'il serait temps d'aller se coucher?
Ces questions, somme toute basique et presque enfantine, je ne me les étais jamais posées. Depuis fin mars, j'y pense. Et je réagis! Prendre un livre au lieu du smartphone, poser le téléphone pour regarder les enfants et le paysage, jouer à un jeu de société tous ensemble. De petits moments de détente, de grands effets sur la vie familiale!
Témoignage/résumé sur la conférence
Cette conférence m’a donné matière à réflexion, et j’ai eu envie d’en retenir les idées essentielles.
Ce que j’en retiens d’abord, c’est que les écrans ne sont pas de simples outils neutres. Ils modifient en profondeur notre manière de communiquer, d’apprendre et même de ressentir.
Le sociologue Olivier Voirol a expliqué que la communication humaine repose sur plusieurs niveaux : l’imitation (icônes), les signes liés au réel (indices), et les symboles plus abstraits. Dans la vie quotidienne, ces formes coexistent, mais on parvient à les distinguer. On peut faire la différence entre ce que l’on voit, ce que l’on ressent et ce que l’on comprend. C’est justement cet écart qui nous permet de construire du sens.
Dans le numérique, en revanche, tout arrive en même temps. Les images, les émotions et les significations sont fusionnées. Le sens est en quelque sorte déjà “préfabriqué” : nos émotions sont orientées, nos réactions anticipées. Cela laisse moins de place à une interprétation personnelle.
Une autre idée qui m’a particulièrement marquée est celle du téléphone comme objet de transition, une sorte de « doudou moderne », en référence aux travaux de Donald Winnicott. Cela m’a parlé, car on voit bien que, chez les enfants comme chez les adultes, le téléphone vient souvent combler les moments de vide, d’ennui ou d’inconfort. Ce n’est pas seulement un outil de loisir : il joue aussi un rôle émotionnel. Ce qui explique la place très particulière qu’il occupe dans nos vies.
En outre, depuis les années 1970-80, notre société valorise davantage l’expression de soi et le ressenti. Dans ce contexte, le numérique a su s’appuyer à la fois sur l’affaiblissement des repères et des cadres, ainsi que sur cette valorisation croissante du ressenti individuel.
Cela renforce l’impact des outils numériques, qui sollicitent en permanence les émotions, les réactions, la validation et le besoin de reconnaissance, en particulier chez les enfants et les adolescents.
Ce qui m’interpelle davantage encore, c’est la question de l’attention. J’ai compris que toute l’économie du numérique repose sur notre capacité à rester connectés le plus longtemps possible. Tout est donc conçu pour capter et retenir notre attention, en particulier celle des plus jeunes. Cela peut aider à comprendre pourquoi il leur est parfois difficile de se concentrer, de tolérer l’ennui ou de s’engager dans une activité sur la durée.
Finalement, ce que je retiens surtout, c’est que le problème n’est pas « les écrans » en soi, ni même les jeunes. C’est plutôt un déséquilibre : trop de stimulations rapides, pas assez de temps long ; trop d’interactions à travers un écran, pas assez de relations dans la vie réelle.
En tant que parent, je ne repars pas avec des solutions toutes faites, mais avec des pistes de réflexion. Par exemple : préserver des moments sans écran, favoriser les échanges en face à face, ou encore redonner une place à l’ennui qui est peut-être, justement, un moteur essentiel de la créativité.
Au fond, cette conférence, comme cette semaine sans écrans, nous invite surtout à nous poser une question simple mais fondamentale : quelle place souhaitons-nous donner au numérique dans nos vies ?

